yeux vides
Un peu de légèreté, parfois, ramène vraiment le sourire, malgré tout. Une bonne chanson dans les écouteurs, une impression d'équilibre qui s'installe.
Même si je crois que je suis profondément démoli sans trop m'en rendre compte. La solitude est parfois difficile. J'ai mal dormi la nuit dernière. J'ai encore un peu l'air d'un zombie je crois. Un automate qui avance et qui continue de fonctionner malgré une faille relativement plus importante qu'il ne le croit. Ou quelque chose comme ça.
les planchers craquent
Une autre journée à relativement tourner en rond. Je me hausse le coeur moi même à me laisser aller à penser que travailler un jour de plus par semaine ne sera finalement pas si mauvais pour moi. Parce qu'ici je regarde trop le temps passer.
J'ai interrompu quelques secondes l'écriture de ce message pour faire le tour de l'appartement, les yeux ronds comme des billes, à ouvrir discrètement les interrupteurs, à laisser tourner dans ma tête les idées qui s'éparpillent. À penser que les bruits que j'ai entendu sont les siens. Qu'elle est là, assise dans le salon. Que c'est elle qui fait craquer le fauteuil. Que c'est elle qui laisse tomber un crayon par terre, par mégarde. Mais ce n'est que cette putain de fenêtre qui est encore ouverte. Cette putain de double fenêtre qui est coincée et que je n'arrive pas à refermer. Ce fichu vent qui continue d'entrer et de refroidir cet appartement trop grand.
Parce que ce soir, je suis encore seul. Ça fait 2 semaines aujourd'hui que je suis seul. Seul comme jamais je ne l'ai été.
Je suis allé prendre un verre avec des amis ce soir. Après mes 4 jours de léthargie, tout cela faisait un peu de bien. Mais le charme de la nouveauté passé, je me suis retrouvé entouré de gens relativement heureux, ou bons comédiens, c'est selon. Et je me suis encore une fois senti incroyablement seul. J'aurais aimé que Mademoiselle S m'accompagne chez moi. Je me serais bien saoulé avec elle pour sauter un fusible, enfin, une bonne fois pour toute. Parce que tout ce silence et ce vide autour de moi m'horrifie. Mais elle était fatiguée et j'ai su, comme un grand, faire le garçon qui s'en fout, qui n'a besoin de personne.
Sauf qu'avec personne, la nuit est beaucoup plus longue et beaucoup moins comfortable. Avec personne, il n'y a que moi ici. Et en obtenant ce que, supposément je souhaitais avoir, je me suis complêtement vidé en tournant le dos à ce qui était le plus joli et le plus équilibré dans ma vie.
croiser des vies
Je suis allé au Nord-Ouest Café. J'y étais, il devait être 16H00 environ. J'ai lu les journaux. J'ai pris un verre de blonde en mangeant tranquillement un trio "Véronique de Belgique". Trois entrées; fromage cheddar fort, saucisson et olives. C'est Véronique Marcotte qui a rapporté ça de Belgique. C'était définitivement une bonne idée.
C'est la troisième journée en ligne que je ne fais quasiment rien. J'ai tourné en rond chez moi, j'ai loué des épisodes de Six Feet Under, Mademoiselle S est passée me visiter hier soir, j'ai fait du ménage, j'ai écouté Radiohead, j'ai dépensé l'argent que je n'avais pas en achetant un album de The Cure, en achetant cette bière et ce trio et, ce n'est pas à négliger, en achetant un cahier et un crayon dans lequel j'ai rédigé les grandes lignes de ce post.
Ma grand-mère est morte vendredi après-midi. Je ne sais plus trop comment réagir. Je suis un peu blasté par tout ce qui s'est effondré dans les deux derniers mois.
Hier, j'ai marché jusqu'au centre-ville. Marcher, probablement avec le désir innavoué de croiser des gens que je connais. Et avec probablement le désir encore plus innavoué de tomber sur cette fille qui fait trembler mes jambes et fait faire du bungee à mon coeur. J'ai croisé une connaissance de l'époque lointaine du secondaire avec qui j'ai échangé des banalités et à qui je n'ai pas dit qu'il était faux que j'avais envie qu'on s'appelle pour se revoir et "se raconter toutes les merveilleuses choses qui nous sont arrivés depuis".
J'ai aussi croisée Mademoiselle F chez un disquaire indépendant. Nous avons regardés les disques pendant un moment. Nous avons marchés jusqu'à chez nous ensemble (nous habitons relativement près l'un de l'autre). J'ai plongé tête la première dans un projet probablement quasiment irréalisable, mais pour lequel je vais tout de même tout tenter. J'aime bien discuter avec Mademoiselle F. Ça coule facilement et j'ai l'immense privilège de pouvoir demeurer moi même, mais surtout, d'avoir l'infime conviction qu'elle le demeure elle aussi.
Le temps est parfois long, mais j'ai été fort bien inspiré d'entrer au Nord-Ouest aujourd'hui. Parfois, de bonnes chansons se faufilent dans les hauts-parleurs et la bière est bonne.
Le temps est parfois plus long que je ne l'imaginais.
les vieilles habitudes
J'avais commencé à écrire un blog il y a de cela quelque chose comme environ 1 an. C'était ici. Je racontais, si mes souvenirs sont exacts, dans mon premier post, que je mangeais des chips et que j'écoutais Marc Déry. Par la suite, mon propos s'était un peu étoffé. Ça a duré je ne sais pas... trois... quatre mois si on est généreux.
Je me suis lassé et j'ai arrêté. Aujourd'hui, l'envie d'écrire m'a repris. Je ne sais jamais si je tofferai la run quand je commence ça, pour une énième fois. La troisième, si je ne m'abuse. Ça fait un bout de temps que ça me trottait dans la tête. Ma tête qui hésite toujours entre prendre cet espace pour raconter n'importe quoi ou pour raconter pas-n'importe quoi.
Bref, comme on dit dans le milieu, we'll see.
Par les fenêtres du salon, la ville est invitante. Peut-être que sortir marcher pourrait être une option. Croiser des vies, un peu.