11.28.2006

les planchers craquent

Une autre journée à relativement tourner en rond. Je me hausse le coeur moi même à me laisser aller à penser que travailler un jour de plus par semaine ne sera finalement pas si mauvais pour moi. Parce qu'ici je regarde trop le temps passer.

J'ai interrompu quelques secondes l'écriture de ce message pour faire le tour de l'appartement, les yeux ronds comme des billes, à ouvrir discrètement les interrupteurs, à laisser tourner dans ma tête les idées qui s'éparpillent. À penser que les bruits que j'ai entendu sont les siens. Qu'elle est là, assise dans le salon. Que c'est elle qui fait craquer le fauteuil. Que c'est elle qui laisse tomber un crayon par terre, par mégarde. Mais ce n'est que cette putain de fenêtre qui est encore ouverte. Cette putain de double fenêtre qui est coincée et que je n'arrive pas à refermer. Ce fichu vent qui continue d'entrer et de refroidir cet appartement trop grand.

Parce que ce soir, je suis encore seul. Ça fait 2 semaines aujourd'hui que je suis seul. Seul comme jamais je ne l'ai été.

Je suis allé prendre un verre avec des amis ce soir. Après mes 4 jours de léthargie, tout cela faisait un peu de bien. Mais le charme de la nouveauté passé, je me suis retrouvé entouré de gens relativement heureux, ou bons comédiens, c'est selon. Et je me suis encore une fois senti incroyablement seul. J'aurais aimé que Mademoiselle S m'accompagne chez moi. Je me serais bien saoulé avec elle pour sauter un fusible, enfin, une bonne fois pour toute. Parce que tout ce silence et ce vide autour de moi m'horrifie. Mais elle était fatiguée et j'ai su, comme un grand, faire le garçon qui s'en fout, qui n'a besoin de personne.

Sauf qu'avec personne, la nuit est beaucoup plus longue et beaucoup moins comfortable. Avec personne, il n'y a que moi ici. Et en obtenant ce que, supposément je souhaitais avoir, je me suis complêtement vidé en tournant le dos à ce qui était le plus joli et le plus équilibré dans ma vie.