libre
Je sens que chaque fois que je commence une phrase par "je suis crevé ou -insérez ici n'importe quel synonyme de fatigué-", je me répête de façon catastrophique. Bon, oui, je veux bien que je suis épuisé, vidé, exténué et paresseux, mais ce n'est pas un statut social il me semble. Je pourrais certainement me trouver une nouvelle définition. Je suis persuadé que c'est quelque chose qui est possible. Je vais y réfléchir sérieusement. Me mettre sur le dossier d'une façon intensive. Même si ça va m'épuiser.
Après une journée ordinaire, j'ai eu droit à un souper sympathique en compagnie de la famille, avant de rentrer dans le calme et le silence de mon chez moi. Malgré la solitude, j'aime avoir un endroit uniquement à moi désormais. J'aime savoir que personne ne m'attends. Même si par moments c'est aussi cela qui me fait sombrer.
Je me suis installé à la belle table qui séjourne actuellement dans ma cuisine, avec du papier, un crayon et un verre. J'ai écrit à ma soeur, à l'autre bout du monde. Pour le plaisir d'écrire une lettre manuscrite. Et pour le plaisir de l'envoyer.
Mademoiselle F m'a admirablement interrompu dans cette entreprise et nous avons discuté un moment au téléphone. Une heure peut-être. Chacun de notre côté, dans nos appartements froids. À rire et à échanger. J'aurais eu envie de lui dire à quel point j'avais envie d'elle. Lui demander ce qu'elle pensait de ce jeu de séduction subtil auquel nous nous adonnions depuis quelques jours. Mais ne l'oublions pas. Je suis un couard.
Je relisais hier soir un passage dans un livre qui disait qu'on était con d'écouter de la musique triste quand on est triste. Mais, même si j'ai tenté moi-même d'esquiver ce piège dans de durs moments (en écoutant en boucle la B.O. de Yellow Submarine, par exemple), j'y suis aussi revenu. Et je suis de plus en plus convaincu qu'il n'y a rien d'imbécile là dedans. Que c'est plutôt une belle façon de se sentir vivant. De sentir ces deux ou trois mots, qui mis les uns à la suite des autres, et chantonnés avec cette voix tristounette nous font l'effet de coups de poignards en pleine nuque. Ce solo de guitare qui nous achève, comme si on sautaient à pieds joints sur nous, pour nous enfoncer une bonne fois pour toute dans le sol. Tout ça est délibérément un besoin je crois.
Après une journée ordinaire, j'ai eu droit à un souper sympathique en compagnie de la famille, avant de rentrer dans le calme et le silence de mon chez moi. Malgré la solitude, j'aime avoir un endroit uniquement à moi désormais. J'aime savoir que personne ne m'attends. Même si par moments c'est aussi cela qui me fait sombrer.
Je me suis installé à la belle table qui séjourne actuellement dans ma cuisine, avec du papier, un crayon et un verre. J'ai écrit à ma soeur, à l'autre bout du monde. Pour le plaisir d'écrire une lettre manuscrite. Et pour le plaisir de l'envoyer.
Mademoiselle F m'a admirablement interrompu dans cette entreprise et nous avons discuté un moment au téléphone. Une heure peut-être. Chacun de notre côté, dans nos appartements froids. À rire et à échanger. J'aurais eu envie de lui dire à quel point j'avais envie d'elle. Lui demander ce qu'elle pensait de ce jeu de séduction subtil auquel nous nous adonnions depuis quelques jours. Mais ne l'oublions pas. Je suis un couard.
Je relisais hier soir un passage dans un livre qui disait qu'on était con d'écouter de la musique triste quand on est triste. Mais, même si j'ai tenté moi-même d'esquiver ce piège dans de durs moments (en écoutant en boucle la B.O. de Yellow Submarine, par exemple), j'y suis aussi revenu. Et je suis de plus en plus convaincu qu'il n'y a rien d'imbécile là dedans. Que c'est plutôt une belle façon de se sentir vivant. De sentir ces deux ou trois mots, qui mis les uns à la suite des autres, et chantonnés avec cette voix tristounette nous font l'effet de coups de poignards en pleine nuque. Ce solo de guitare qui nous achève, comme si on sautaient à pieds joints sur nous, pour nous enfoncer une bonne fois pour toute dans le sol. Tout ça est délibérément un besoin je crois.

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