12.02.2006

café cheap et verres en styromousse

La journée a commencée de façon un peu étrange. Ma chaîne stéréo ne s'est pas mise à me jouer une chanson entraînante donnant envie de se tirer du lit pour affronter une nouvelle journée. Non, c'est plutôt le téléphone, qui m'a permis de constater que la tempête avait causé une perte de courant momentanée dans la nuit et que je n'avais plus l'heure nulle part dans l'appartement, sauf sur l'ordinateur, qui est par contre toujours en avance.

J'ai mangé en parcourant le journal, rapidement. Juste un cahier.

J'ai ensuite enfilé ma chemise noire. Puis mon foulard noir, et ma veste noire, et mon chandail marine (je n'ai pas de chandail noir), puis mon veston gris comme le ciel. Je suis descendu et j'ai frappé à la porte du proprio pour payer mon loyer. Il n'a pas répondu. Il peut ne pas répondre du mois s'il le désire, ça ne me dérange pas. J'ai descendu les derniers escaliers et je suis embarqué dans la voiture qui m'attendait. Nous avons pris la route et nous sommes rendus au funérailles.

Dans un petit village où tout le monde se connait, se trouvait un petit salon funéraire où je ne connaissais quasiment personne. J'ai fait la connaissance de trois cousines mignonnes qui ignoraient mon existence. Pour ma part, j'ignorais que les enfants grandissent. J'ai revu plusieurs personnes qui ne savent rien de moi et à propos de qui je ne connais rien non plus. Nous avons échangés quelques banalités, dans les meilleurs des cas. Pour le reste, des poignées de mains et des sourires polis ont suffit.

Et tous ces gens qui se connaissaient à peine s'étaient réunies pour enterrer la seule personne qui les unissaient réellement tous dans ce village. C'était triste. Triste de voir que la mort de quelqu'un doit être célébré de façon aussi morne et dans des conditions aussi strictes. Mais c'était normal. Je ne connaissais pas beaucoup de gens qui étaient là et à qui tout cela faisait du bien.

Une de mes cousines mignonnes a lu un texte que je n'aurais jamais pu écrire. Je crois que je suis trop dur par moments.

Il y avait le froid qui nous fouettait le visage. Il y avait les fleurs, en quantité industrielle, qui allaient aussi mourir. Il y avait le vent, qui se glissaient à l'intérieur de nos manteaux et qui se baladait sur notre corps. Il y avait la chaleur réconfortante d'une salle vide qu'on a rempli. Et la chaleur réconfortante du café cheap dans des verres en styromousse.